La côte-rôtie est un vin rouge d’appellation d’origine contrôlée produit sur les communes d’Ampuis, de Saint-Cyr-sur-le-Rhône et de Tupin-et-Semons, sur la rive droite du Rhône, en face de la ville de Vienne, au sud de Lyon.

Il s’agit d’un des crus les plus prestigieux du vignoble de la vallée du Rhône, à l’extrémité septentrionale de la vallée, bénéficiant d’une orientation sud/sud-est. Les vignobles sont caractérisés par des sols en pente et des murs en pierre. Le nom « Côte-Rotie » renvoie à l’exposition dont bénéficient ces sols en pente.

La Côte-rôtie est composée de syrah, et jusqu’à 20 % de viognier, qui sont fermentés tous deux simultanément. Il dégage à l’agitation une combinaison d’arômes carnés (bacon) et floraux.

Histoire
Antiquité
Ce terroir viticole est centré sur Ampuis, un ancien comptoir grec puis romain (emporion). Martial, Pline l’Ancien, Columelle et Plutarque ont célébré son vin sous le nom de vinum picatum ou vin viennois.

Mais c’est du VIe siècle que datent les premières chartes concernant Ampuis son vignoble.

Moyen Âge
La réputation des vins d’Ampuis, tout au cours du Moyen Âge, est cantonnée à Lyon qui absorbe sa production. La Renaissance permit d’accroître la renommée de ces vins vers d’autres provinces ainsi que vers les tables princières d’Angleterre, de Russie, de Prusse.

Période moderne
C’est à l’époque du seigneur de Maugiron que le château d’Ampuis a été le lieu d’une première gastronomique. En effet, c’est en 1553 que furent servis à des convives de curieux et énormes volatiles : les premiers dindons jamais servis en France. Les vins dégustés provenaient de deux terroirs, la côte blonde et la côte brune. Selon la légende le seigneur Maugiron qui possédait la côte-rôtie, avait partagé son domaine pour doter ses deux filles lors de leur mariage. L’une était blonde comme les blés et l’autre était brune comme le jais.

Période contemporaine
Au début du XIXe siècle, les vignes s’étendaient sur 300 hectares et produisaient un vin de grande réputation. Le vignoble atteignit son apogée en 1890. Toutes les terrasses orientées vers le midi étaient cultivées. Ce qui contraignait les vignerons à emprunter des sentiers fort étroits et pénibles.

La crise du phylloxera, puis les deux guerres mondiales aboutirent presque à la disparition du vignoble, puisque dans les années 1950, seulement 40 hectares étaient exploités. Les hommes d’alors préféraient aller travailler dans l’industrie renaissante ou travailler la culture maraîchère ou fruitière, alors beaucoup plus rentable3. Selon le producteur Jean-Michel Gerin : « Dans les années 1960, un kilogramme d’abricot se vendait plus cher qu’un litre de vin ».
Marché aux vins d’Ampuis
Dans les années 1970, une nouvelle génération de vignerons mise à nouveau sur le travail de la vigne et sur la qualité. Durant les années 1980 et 1990, les parcelles sont restructurées et de nouvelles parcelles sont replantées en ceps. Cette renaissance a pu se faire aussi en partie grâce à un coût de la terre qui était alors très bas : au début des années 1980, le prix de la vigne se situait dans le secteur à l’équivalent d’un euro le m². Le plus difficile finalement était de retrouver les propriétaires de terres extrêmement morcelées. Ces nouveaux vignerons ont dû aussi investir dans des bâtiments, dans des équipements et dans les réseaux de distributions et un syndicat de Côte-Rôtie a été créé pour fédérer leurs efforts. Le marché aux vins d’Ampuis qui chaque année reçoit plus de 12 000 visiteurs en janvier a été fondé en 1928.

Depuis 2012, ce vignoble fait partie du label Vignobles et Découvertes, visant à promouvoir les destinations oenotouristiques en France.

Étymologie
Plus que Côte-Rôtie, qui ne pose aucun problème étymologique, c’est Ampuis, le centre de ce vignoble, qui apporte des indications sur ses origines. Comme pour Ampus, la forme la plus ancienne est Impuris, attestée en 990/997. Ce toponyme suggère le nom latin emporium, dérivé du grec emporion, qui nommait des comptoirs de négoce installés en terre ennemie4.

Situation géographique
Situé à 30 km au sud de Lyon, le vignoble s’étend sur trois communes du Rhône et a 3 kilomètres de long.
Côte brune et côte blonde
Orographie
Les vignes sont orientées sud-est et installées à flanc de coteaux sur des terrasses caillouteuses, les « chayets » soutenues par des « cheys », murets de pierres à la patine brune. Le terroir est divisé en deux grands secteurs séparé par un ruisseau : la Côte Brune au nord d’Ampuis, et la Côte Blonde, au sud, dont la légende veut que les noms proviennent des deux filles héritières du noble Maugiron dont l’une était brune et l’autre blonde.

Géologie
Le terroir est composé d’un socle de micaschiste recouvert ponctuellement par des éboulis. Le sol qui le recouvre est dur, acide, composé essentiellement de pierres avec un léger couvert sableux et granuleux.

Climatologie
Ce terroir viticole est exposé plein sud avec des étés chauds et ensoleillés, des automnes doux et une pluviométrie bien étalée mais avec des hivers rigoureux, où la sensation de froid est renforcée par la bise. Son climat est de type semi-continental avec des influences méditerranéennes, la température moyenne annuelle a été, entre 1920 et 2008, de 11,7 °C avec un minimum de 2,8 °C en janvier et un maximum de 21 °C en juillet. La température minimale y a été de -24,6 °C le 22 décembre 1938 et la plus élevée de 40,4 °C le 13 août 2003.
Ciel d’orage le 11 août 2014
L’ensoleillement y est de 1 976 heures par an en moyenne, soit environ 164 jours par an. Les hivers sont relativement secs, et dépourvus de neige en plaine (toutefois de fortes précipitations ne sont pas exclues). Les frimas sont courants et les températures varient généralement d’une dizaine de degrés au plus pendant la journée. Les étés sont généralement chauds et secs : l’amplitude des températures en journée atteint parfois une vingtaine de degrés, et les températures maximales dépassent parfois les 35°. Le mois d’août est parfois frais et pluvieux (2006 et 2007) avec quelques orages et une légère brise qui disperse les polluants de l’air. Les mois d’août 2003 et 2009 étant au contraire très chauds et secs avec respectivement 33° et 30° de température maximale en moyenne. Le mistral souffle souvent, dû à la compression de l’air dans le sillon rhodanien.

Côte-rôtie (Wikipedia)

Côte-rôtie peut faire référence à :

« Back to Glossary Index